CAN 2027 : la Tunisie au bord du gouffre

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Deux matches à domicile, deux nuls et surtout quatre points abandonnés dans une campagne qualificative où chaque unité peut peser lourd. En l’espace de quatre jours, la Tunisie est passée du statut de candidate à la qualification à celui d’une sélection désormais sous forte pression, avec le risque de manquer la prochaine CAN.

Après le 1-1 concédé à l’Ouganda, les Aigles de Carthage ont de nouveau été accrochés par le Botswana, lundi soir à Radès, au terme d’un spectaculaire 2-2. Au-delà du bilan comptable, ces deux contre-performances soulèvent de sérieuses interrogations sur l’état actuel du football tunisien.

Deux matches, quatre points perdus ?

Face à l’Ouganda, la Tunisie avait ouvert le score grâce à Adem Arous avant de concéder l’égalisation de Rogers Mato. Malgré plusieurs occasions, elle n’a pas réussi à reprendre l’avantage.

Le scénario s’est répété face au Botswana, de manière encore plus préoccupante. Menée au score, la Tunisie a renversé la situation grâce à un doublé de Hazem Mastouri avant de concéder rapidement l’égalisation.

Le constat est inquiétant : la Tunisie produit du jeu, se crée des occasions, mais peine à concrétiser sa domination. Elle mène au score sans parvenir à conserver son avantage et laisse trop d’espaces à des adversaires pourtant considérés comme moins expérimentés.

Une qualification désormais sous pression

La situation est d’autant plus délicate que l’Ouganda, coorganisateur de la CAN 2027 avec le Kenya et la Tanzanie, est déjà qualifié pour la phase finale. La Tunisie, la Libye et le Botswana doivent donc se disputer l’unique billet qualificatif restant dans le groupe.

Dans ce contexte, les deux nuls concédés à Radès prennent une importance considérable. Un premier faux pas pouvait encore être relativisé. Le second constitue désormais un véritable signal d’alarme.

La Tunisie n’a pris que deux points après deux journées et voit sa marge de manœuvre se réduire. La campagne est encore longue, mais le moindre nouveau faux pas pourrait compliquer sérieusement la situation.

Un malaise qui dépasse la sélection

Derrière ces résultats se pose une question plus large : le football tunisien est-il en train de perdre progressivement sa place dans la hiérarchie africaine ?

La Tunisie demeure une nation régulièrement présente dans les grandes compétitions, mais ses performances récentes invitent à s’interroger sur sa trajectoire. La sélection manque de continuité, de stabilité et, surtout, d’une véritable identité collective.

Le renouvellement de l’effectif est également en cours. Des cadres comme Ferjani Sassi, Aïssa Laïdouni ou Ali Maâloul côtoient une nouvelle génération qui peine encore à s’imposer durablement.

Cette transition peut expliquer certaines difficultés, mais elle ne suffit pas à justifier deux matches sans victoire à domicile contre l’Ouganda et le Botswana.

À cela s’ajoutent des interrogations sur la gestion de la sélection et, plus largement, sur la gouvernance du football tunisien. L’instabilité et les choix contestés au niveau fédéral alimentent le sentiment d’un football qui manque de vision et de continuité.

Radès n’est plus une garantie

Pendant longtemps, jouer à Radès constituait un avantage important pour les Aigles de Carthage. Les deux dernières rencontres ont cependant montré une autre réalité.

L’Ouganda est venu chercher un point et le Botswana a obtenu le même résultat après avoir été mené. Les adversaires de la Tunisie ne semblent plus impressionnés par son statut ou son passé.

Cette évolution illustre aussi le resserrement du niveau du football africain. Les sélections dites « secondaires » disposent désormais de joueurs évoluant à l’étranger, d’une meilleure préparation et d’une confiance accrue lorsqu’elles affrontent les équipes traditionnellement considérées comme les grandes nations du continent.

La Tunisie ne peut donc plus compter uniquement sur son histoire, son expérience ou son statut.

Le temps des constats est terminé

Il serait prématuré de parler d’élimination. La CAN 2027 reste accessible et plusieurs journées doivent encore être disputées. Mais il serait tout aussi dangereux de minimiser la situation.

Après deux matches à domicile, la Tunisie n’a toujours pas gagné. Elle a laissé échapper deux occasions de prendre une avance importante sur ses concurrents directs et s’est placée sous une pression inutile.

Le chantier de Mouine Chaâbani est désormais immense : construire un collectif capable de transformer sa domination en victoires, de mieux gérer ses avantages et de retrouver une régularité devenue indispensable.

Car la Tunisie ne manque pas seulement de points. Elle manque de certitudes.

Et si cette situation perdure, le principal adversaire des Aigles de Carthage ne sera peut-être plus seulement le Botswana ou la Libye, mais une crise plus profonde qui touche l’ensemble du football tunisien.

La CAN 2027 est encore accessible. Mais après deux rendez-vous manqués à Radès, le chemin pour y parvenir s’est considérablement compliqué.

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