De nos jours, les progrès dans le domaine des technologies médicales contribuent positivement à l’amélioration des soins médicaux et de la prise en charge de plusieurs maladies. Ces technologies sont devenues tout aussi incontournable dans le secteur médical

Un séminaire sur les dispositifs médicaux et les technologies médicales a été organisé à Tunis, les 27 et 28 Octobre dernier, par l’entreprise Connect’Innov.

L’objectif de ce séminaire qui a réuni tous les acteurs des secteurs publics et privés, du domaine du HealthTec était de faire le point sur l’état des lieux de ce secteur en Tunisie et de proposer des recommandations en vue de dynamiser l’écosystème du domaine de la « Med Tech » et des dispositifs médicaux.

Le séminaire a été précédé par une journée de formation certifiante sur les normes de qualité des dispositifs médicaux intitulé « management de la qualité selon la norme ISO 13485 :2016.

 En marge de ce séminaire, nous avons interviewé Dr Chokri Jeribi, Président du comité scientifique de ce séminaire.

Pourquoi ce séminaire sur les technologies médicales et les dispositifs médicaux, en ce moment, en Tunisie ?

Le secteur des technologies médicales, de l’intelligence artificielle, des dispositifs médicaux et autres solutions numériques connait depuis des décennies une évolution spectaculaire. Une tendance qui s’est significativement accélérée avec la pandémie mondiale de la COVID-19 qui a confirmé l’importance de la maitrise de l’innovation dans le domaine de la santé.

De ce fait, il était urgent de faire le point sur la position de notre pays par rapport à ce secteur et par rapport à cette dynamique mondiale.

Connect’ Innov, une structure d’accompagnement tunisienne 100% HealthTech a eu le mérite de penser à organiser un séminaire national sur ce sujet.

Dans ce cadre, quand j’ai été sollicité par les organisateurs, je n’ai pas hésité à accepter la proposition qui m’a été faite pour présider le comité scientifique du séminaire.

Ainsi, le séminaire s’est fixé l’objectif de faire l’état des lieux de la filière des technologies médicales et des dispositifs médicaux en Tunisie en impliquant toutes les parties prenantes et d’explorer les zones d’ombre et surtout les axes de développement de ce secteur dans notre pays.

Un programme scientifique riche et diversifié impliquant des experts nationaux et internationaux a été retenu pour ce séminaire.

Le comité scientifique a, entre autres, une mission d’assurer le suivi et de publier un livre blanc qui sera soumis aux décideurs, dans un délai maximum de 6 semaines.

Après deux jours de travaux, quel était le diagnostic de la situation de ce secteur dans notre pays ?

Le secteur dispose d’un potentiel énorme dans ce domaine, riche surtout par ses ressources humaines, qualifiées et créatives et par la performance des start- up opérant dans ce domaine (11% de la totalité des start-up de Tunisie exercent dans le domaine de l’e-Health). La recherche universitaire est aussi bien développée dans ce domaine.

Paradoxalement, il y a un grand vide règlementaire, même si un draft de texte dans ce secteur est à un stade terminal de rédaction et il y a une grande insuffisance d’accompagnement des start-up. Les projets de recherche universitaire, faute d’accompagnement et de fonds financiers finissent dans les tiroirs. Le secteur du « Med Tech » est un domaine multidisciplinaire, par excellence, malheureusement la communication entre professionnels de la santé, ingénieurs et start -up n’est pas optimisée, voire fait défaut, dans la plupart du temps.

La production des dispositifs médicaux et des prototypes est insuffisante, malgré quelques initiatives très intéressantes et prometteuses.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Une analyse « SWOT » a été dressée à la fin du séminaire. La mission du comité scientifique, composé d’experts en la matière du secteur public et privé est d’assurer le suivi des recommandations et de rédiger un livre blanc qui sera soumis aux autorités et de veiller à l’exécution d’un plan d’action et d’une feuille de route pour dépasser les barrières actuelles et de transformer les insuffisances et les faiblesses en forces, à commencer par la publication du cadre règlementaire et des décrets d’application qui lui sont liés.

Nous mettrons l’accent également sur les opportunités qui s’offrent à notre pays dans ce domaine, que ça soit au niveau national qu’international, pour les saisir.

Vous semblez optimistes et vraiment engagé ?

Comment ne pas l’être quand on sait quegrâce aux nouvelles technologies, la médecine sera plus précise, préventive, personnalisée, réactive, participative et numérique.

Ceci aura une répercussion immédiate sur la santé de nos concitoyens.

Je suis convaincu que le potentiel est énorme dans ce domaine dans notre pays. Les ressources humaines sont disponibles, engagées et créatives.

Je ne ménagerai aucun effort, à titre personnel pour apporter ma part de contribution pour faire de notre pays un pôle régional dans ce domaine.

W.Z