L’institut de sondage, One to One for Research and Polling, vient d’organiser une rencontre afin de présenter les résultats de la cinquième vague de l’Afrobaromètre (www.afrobarometer.org) sur l’équité entre les sexes et la violence faite aux femmes en Tunisie

Il en ressort que :

Plus de la moitié des Tunisien.ne.s affirment que la violence basée sur le genre doit être la question prioritaire dans le domaine de l’égalité des genres pour le gouvernement et la société tunisienne.

Environ la même proportion des répondant.e.s affirment que la violence physique exercée sur les femmes est « très courante » ou « assez courante ». 

Près de trois quarts des Tunisien.ne.s pensent qu’il est probable que le signalement d’incidents de violences conjugales à la police expose la victime aux critiques, au harcèlement et à l’humiliation des membres de sa communauté.

Alors que la philosophie de la loi organique contre l’élimination des violences faites aux femmes considère que la violence à l’encontre des femmes n’est plus une question privée mais une question qui concerne l’Etat, près de 7 Tunisien.ne.s sur 10 pensent que la violence domestique est un problème privé qui doit être géré au sein de la famille.

Près de 2 hommes sur 10 VS. 1 femme sur 10 légitiment, dans certains cas, « le châtiment » physique de l’épouse.

Ces résultats appellent les décideurs et les parties prenantes à accorder la priorité à la question de la violence basée sur les genres et révèlent une nécessité d’un changement dans les mentalités.

Une majorité des Tunisien.nne.s approuve les efforts gouvernementaux dans la promotion des droits des femmes et réclame plus de réalisations de la part de l’exécutif et du législatif pour promouvoir l’équité de genre. 

Pour l’égalité des chances dans l’accès au travail et au droit foncier, les avis sont mitigés. Un peu plus de la majorité des Tunisien.nne.s accordent la priorité pour l’homme dans l’accès au travail en cas de rareté des emplois rémunérés et dans l’héritage et la possession des terres.

Quant à l’accès au leadership politique, près de 6 personnes sur 10 soutiennent l’égalité des chances entre homme et femme et refusent l’idée selon laquelle les hommes font des meilleurs dirigeants politiques que les femmes.

Certains résultats de l’enquête montrent des inégalités entre les femmes et les hommes au niveau de l’inclusion bancaire et l’accès à l’éducation. En fait, un homme a plus d’une fois et demi d’accès à un compte bancaire qu’une femme.  L’analphabétisme est deux fois plus présent parmi les femmes que les hommes et notamment chez les femmes rurales. Les résultats montrent aussi que les femmes ont moins de chance d’accéder à l’instruction, mais elles sont plus nombreuses que leurs homologues à atteindre le niveau universitaire.

Les données d’Afrobaromètre montrent que les Tunisien.nne.s perçoivent favorablement la performance du gouvernement dans la promotion des droits de la femme, mais elles mettent en lumière certaines inégalités et font savoir aux décideurs que près de 6 personnes sur 10 réclament plus d’actions pour renforcer les droits de la femme Tunisienne.   

Résultats clés

⦁    6 personnes sur 10 (59%) sont relativement satisfaites des efforts déployés, par le gouvernement, en faveur de la promotion de l’égalité des droits et des chances pour les femmes.

⦁    Toutefois, plus de la moitié (54%) déclarent que le gouvernement et les élus devraient déployer encore plus d’efforts pour faire progresser les droits et l’égalité en faveur des femmes. Ce sont les femmes, les séniors et les personnes n’ayant pas vécu de pauvreté qui expriment le plus cette opinion.

⦁    Deux tiers des personnes pensent qu’en Tunisie, le droit d’accès à un emploi est identique pour les femmes et les hommes. Mais plus de la moitié des Tunisi.en.enne.s (54%) attribuent aux hommes la priorité d’accès à un emploi en cas de rareté des emplois rémunérés. Cette conviction est plus présente chez les hommes (64%) et chez les jeunes de 26 à 35 ans (61%) ainsi que dans le sud du pays (59%) et chez les personnes ayant vécu une pauvreté sévère (60%).

⦁    55% des citoy.en.enne.s ne pensent pas que les femmes devraient avoir les mêmes droits fonciers, ce taux est plus accentué chez les hommes (66%) et les jeunes de 26 à 35 ans (64%).

⦁    Seulement 26% des femmes détiennent un compte bancaire. Ce taux s’élève à 42% chez les hommes

⦁    Seulement 19 % des femmes disposent d’un moyen de transport privé comme une voiture ou une moto. Alors que ce pourcentage passe à 55% chez les hommes

⦁    Les femmes ont moins de chance que les hommes d’accéder à une éducation formelle. 13% des femmes n’ont pas reçu une éducation formelle.  Ce taux passe à 6% chez les hommes. Cependant, les femmes ont plus de chances d’atteindre et de compléter le niveau universitaire (24%) que les hommes (19%)

⦁    Une majorité des Tunisi.en.enne.s (58%) affirment que les femmes sont éligibles pour un leadership politique autant que les hommes