À une époque où la Tunisie est marquée par des flots tumultueux de sa condition sociale, des initiatives concrètes ambitionnent de remodeler en profondeur le fonctionnement de ladite Société. Pour cela, ils devaient trouver des alternatives pour encadrer la population et propager de nouvelles idéologies jusqu’à bâtir une société équilibrée, ambitieuse et vouée à réussir.

Après maintes études et analyses, il a été approuvé qu’il n’existe meilleur moyen pour arriver à ces fins que de mettre en place une propagande révolutionnaire, exclusivement axée sur la jeunesse. Un encadrement précoce et continu basé sur la stimulation du jeune esprit à cogiter, à se chercher, à se justifier, à se donner confiance, à avoir des objectifs et se donner les moyens de les réaliser.

Dans ce contexte, nous avons rencontré M. Walid KALLEL, le fondateur du bureau BUSINESS SUCCESS et le concepteur et animateur du programme « Business Kid », pour découvrir les démarches de son projet et dans quelle mesure cette expérience s’inscrit-elle dans ce nouvel état de conscience.         

– Comment définir le projet « Business Kid » et qu’est ce qui a attisé le développement d’un tel concept ?

« Business Kid » est un projet de développement de l’entrepreneuriat chez les enfants âgés de 11 à 16 ans.

L’idée remonte à plusieurs années. Je rêvais d’un levier de changement pour la Tunisie.

Ma vision s’articulait autour d’une dynamique entrepreneuriale touchant les jeunes.

Comment pouvons-nous capitaliser sur les enfants pour pérenniser le développement du pays ?

Pourquoi ne pas faire confiance à cette communauté créative qui pose autant de questions pour comprendre et imagine énormément d’idées hors du cadre ?

Cette expérience a fait ses preuves dans plusieurs pays développés, pourquoi pas la Tunisie et pourquoi pas l’Afrique ?

Qui est Walid KALLEL et est-ce que votre ’intérêt à de tels sujets émane-t-il d’un penchant académique prédéfini ou êtes-vous juste partisan du projet : « Par les jeunes, avec les jeunes et pour les jeunes » ?

Walid KALLEL est un enseignant universitaire, coach professionnel et personnel certifié et expert en entrepreneuriat et business.

J’ai créé BUSINESS SUCCESS, un bureau d’affaires et de coaching à Sfax et je suis très actif dans la formation et l’accompagnement des entreprises.

Etant enseignant à la base, mon engouement pour tout ce qui se réfère à la formation, à l’encadrement et à la recherche a toujours été l’essence même de mon existence. Je suis en quête permanente de nouvelles solutions, de nouvelles alternatives et d’esprits fertiles pour promouvoir l’intelligence humaine et instituer de nouveaux paradigmes allant de pair avec l’évolution intellectuelle de l’Humain au niveau universel.  

De ce fait, mon intérêt à un tel projet découle du constat que la cible des jeunes a toujours été ignorée du programme entrepreneurial national alors qu’elle représente la population la plus créative et la plus ouverte à l’aventure.

Comment c’était le début de l’aventure « Business Kid » ?

L’idée a jailli depuis longtemps mais le concept et la méthodologie ont vu le jour au mois de mai 2019.

A cette date, j’ai entamé la communication sur le concept du projet et on a démarré la première session le  16 juillet 2019.

Au départ, nous avons ciblé des parents, appartenant à une population d’Hommes d’affaires et d’experts comptables, que nous avons considéré comme novices et « early adopters ».

Nous avons ainsi bouclé les inscriptions bien qu’il était difficile pour certains parents de comprendre le concept. D’autres l’ont même refusé sous prétexte que les jeunes ne sont pas assez matures pour l’entrepreneuriat.

 Pourquoi l’âge des participants est-il fixé entre 11 et 16 ans ? Est-il en corrélation directe avec l’évolution psychomotrice de l’enfant ?

La tranche d’âge ciblée est généralement encore sous le régime de l’autorité parentale donc il reste possible que les parents puissent influencer leurs enfants, les orienter et les convaincre à prendre part à de pareils ateliers.

De même, c’est une cible très sensible, en phase de préadolescence, en quête de sens et de motivation dans la vie. Ce qui relève justement de nos activités et de ce que nous œuvrons à leur inculquer dans le coaching.

Comment mesuriez-vous le taux de réussite de ce programme ?

Nos indicateurs de réussite ciblent deux populations : les enfants et les parents.

Pour les enfants, le fait qu’à la fin du Bootcamp ils témoignent des capacités qu’ils ont pu développer dans nos ateliers et qu’ils évoluent dans leurs études et leur intégration sociale, c’est une grande réussite pour nous.

Le fait aussi de demander à connaitre la suite du Bootcamp et comment pouvaient-ils approfondir cette aventure, demeure également un signe de réussite.

De même, quand nous constatons que des enfants « Business Kid » changent d’orientation après le bac pour faire business ou IT en vue de concrétiser leurs idées de projets, cela ne peut que nous rendre fiers.

Pour les parents, ils partagent avec nous beaucoup de feedbacks et de témoignages positifs et nous sollicitent pour lancer des suites à la première session.

D’ailleurs, la majorité des inscriptions aux nouvelles sessions sont communément recommandées par les parents des anciens « Business Kid ».

Vous dites qu’après avoir vécu cette expérience, l’enfant sera transformé.

Quand, où et comment cela peut-il être palpable, d’abord pour l’enfant lui-même et ensuite à l’égard de son entourage, notamment ses parents ?

Lors du Bootcamp, la plupart des enfants sont généralement amenés à assister à la première journée sous l’insistance de leurs parents ayant déjà effectué leur inscription. Si, par la suite, nous voyons que ces jeunes reviennent volontairement pour les 3 jours suivants, c’est certainement parce qu’ils ont éprouvé de l’intérêt pour ce qu’on leur proposait et parce qu’ils se sont sentis concernés et au cœur de nos réflexions. 

Certains découvrent qu’ils peuvent être générateurs d’idées et qu’ils sont valorisés pour ça, d’autres se révèlent intéressés à l’entrepreneuriat et à l’idée de créer une startup et, pour les participants émérites, ils se réjouissent à chaque nouvel atelier de réussir l’accompagnement de leurs équipes et leur motivation. Ils deviennent ainsi plus confiants, plus intégrés, plus animés et surtout acteurs de leurs groupes.

Quant aux parents, ils affirment que leurs enfants acquièrent désormais une posture d’investigation en sollicitant des répliques à leurs interrogations devenues plus développées en quantité comme en qualité.

Ils décèlent plus d’optimisme par rapport à ce que leur progéniture projette dans l’avenir, mis à part l’évolution de leur capacité à être autonome et à pouvoir travailler en équipe.

Pensez-vous que de pareilles compétences devraient-elles être intégrées dans les programmes de l’éducation nationale ou qu’il demeure préférable qu’elles soient inculquées par des formateurs spécialisés, dans un cadre adéquat et moyennant des techniques appropriées ?

Nous sommes convaincus que les compétences renforcées lors des ateliers « Business Kid » (confiance en soi, leadership, fixation et focus sur l’objectif, intégration sociale, intelligence émotionnelle, gestion du temps, autonomie…) doivent être intégrées dans le cursus scolaire moyennant une adaptation du programme et des cycles de formation pour les formateurs, tout en encourageant les initiatives privées. 

En guise de clôture de session, les enfants participants présentent leur projet devant un jury composé de chefs d’entreprises et d’entrepreneurs reconnus.

Quel effet ça fait pour un enfant de 11 ans de se tenir devant un jury de cette envergure ?

Le fait de « pitcher » le projet devant un jury d’Hommes d’affaires, cela représente en soi un défi pour les enfants parce qu’ils sont évalués par des professionnels.

C’est aussi un grand sentiment de responsabilité pour l’orateur envers le reste de son équipe vu qu’ils cherchent tous ensemble à se dépasser afin d’influencer et convaincre les membres du jury du bien-fondé et de la pertinence de leurs projets et démarches.

C’est une forme de valorisation que les enfants côtoient des professionnels qui vont enrichir leurs travaux par leurs feedbacks.

 D’après vous, quels sont les éléments de référence qui seraient à l’origine de la réussite du partenariat MLM ACADEMY/BUSINESS SUCCESS, révélée à travers la 1ère session du projet « Business Kid » à Tunis ?

BUSINESS SUCCESS et MLM ACADEMY partagent les mêmes valeurs dont on cite certains comme le renforcement des compétences des Hommes, l’intégration des outils et des techniques chez l’Humain et surtout la préparation de nouvelles générations de leaders.

Il est à noter que MLM ACADEMY est un cabinet de Conseils et de Consulting qui accompagne l’évolution de l’Humain dans ses différents domaines de vie : le personnel, le relationnel et le professionnel.

Il œuvre non seulement dans la bonne gouvernance, le conseil stratégique, le coaching en Softs Skills et l’agilité des entreprises innovantes, mais également, dans les pratiques pédagogiques, intellectuelles et parfois même techniques pouvant aider les familles tunisiennes à mieux gérer l’éducation de leurs enfants et mieux les accompagner pour en faire des adolescents, et par la suite des collaborateurs épanouis, responsables, autonomes et nourris de valeurs universelles.

Ensemble, nous avons relevé le challenge de véhiculer nos valeurs conjointes et de travailler sur les compétences appropriées au niveau des jeunes qui représentent, finalement, le futur de la Tunisie.

 Quelle suite envisagez-vous comme 2ème étape afin d’entretenir ce qui a été acquis lors de la première session et quel avenir prédisez-vous au projet « Business Kid » ? 

Nous avons préparé un cursus méthodique pour ancrer les compétences entrepreneuriales chez les jeunes.

Suite au succès de la première session et dans un souci de continuité, nous mettons en place une 2ème génération d’ateliers, plus réelle et plus concrète, qui sera à l’image d’un incubateur de startup où on accompagnera ces jeunes entrepreneurs dans la création effective de leur projet.   

Appuyer, soutenir et accompagner nos enfants sur le moyen et long terme ne pourra que créer une génération de « Business Kid » apte à porter la Tunisie vers un avenir socio-économique meilleur.