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La violence dans les écoles tunisiennes : Quelle solution face à l’urgence de la situation ?

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La violence scolaire en Tunisie : Une situation catastrophique selon le secrétaire général du Syndicat de l’enseignement secondaire

Le secrétaire général du Syndicat de l’enseignement secondaire, Mohamed Essafi, a qualifié la situation des écoles tunisiennes de « catastrophique » en raison de l’augmentation de la violence scolaire. Dans une déclaration récente, il a exprimé ses vives préoccupations face à l’ampleur de ce phénomène, qui devient une réalité quotidienne dans de nombreux établissements scolaires à travers le pays, en particulier dans les zones urbaines et les grandes villes.

Une violence scolaire omniprésente

Essafi a mis en lumière le fait que la violence scolaire est désormais un problème récurrent dans les écoles, un phénomène difficile à ignorer et qui ne cesse de se propager. Il a également souligné que les autorités n’ont pas montré une volonté réelle de lutter contre ce fléau, malgré son ampleur croissante.

Des chiffres inquiétants

Les statistiques confirment la gravité de la situation. Lors de l’année scolaire 2022-2023, 23 800 cas de violence ont été enregistrés dans les établissements scolaires, dont 312 cas graves, visant principalement les enseignants. De plus, entre 2023 et 2024, la violence scolaire a augmenté de 19%, un chiffre alarmant qui met en lumière l’intensification du phénomène. Selon Essafi, ces indicateurs ne doivent en aucun cas être ignorés.

La Tunisie au second rang des pays méditerranéens en termes de violence scolaire

Essafi a également exprimé son regret concernant le fait que la Tunisie se classe désormais au deuxième rang des pays méditerranéens pour la violence scolaire. Il a cité plusieurs exemples récents de comportements violents dans les écoles, dont un incident à Tozeur, où des élèves ont placé un serpent sur le bureau de l’enseignante, créant ainsi une situation de terreur dans la classe.

Les causes profondes de la violence scolaire

Le secrétaire général a expliqué que plusieurs facteurs expliquent cette violence :

  • Facteurs familiaux : L’augmentation des divorces et les problèmes au sein des familles.
  • Problèmes psychologiques : Les difficultés émotionnelles et psychologiques des élèves.
  • Facteurs socio-économiques : La pauvreté et les conditions sociales difficiles.
  • Criminalité : Le trafic de drogue aux abords des établissements scolaires, qui contribue à un climat de violence.
    Essafi a aussi évoqué l’impact des plaintes souvent portées par les parents contre les enseignants, une pratique qui, selon lui, affaiblit l’autorité de ces derniers et contribue à la déstabilisation de l’environnement scolaire.

Des solutions pour endiguer la violence scolaire

Pour résoudre ce problème, Essafi propose plusieurs mesures essentielles :

  1. Réformer le système scolaire : Il préconise une révision complète du système éducatif, afin de mieux répondre aux besoins actuels des élèves.
  2. Réorganiser les horaires scolaires : Essafi recommande une réorganisation des horaires pour alléger le stress lié aux évaluations, souvent trop nombreuses.
  3. Améliorer les infrastructures scolaires : La surcharge des classes, où parfois plus de 40 élèves sont regroupés, doit être réduite pour améliorer les conditions d’apprentissage.
  4. Renforcer l’accompagnement psychologique et social : Il est crucial de fournir un soutien plus important aux élèves à travers des conseillers psychologiques et des services sociaux.
  5. Promouvoir la culture du dialogue et renforcer la sécurité : Essafi appelle à renforcer la culture du dialogue dans les établissements scolaires et à améliorer la sécurité autour des écoles pour garantir un environnement serein et propice à l’apprentissage.

Conclusion

En conclusion, Essafi a appelé le ministère de l’Éducation et les autres acteurs concernés à prendre ce phénomène très au sérieux. Il a souligné que des mesures concrètes doivent être mises en place pour comprendre les origines de cette violence et agir rapidement, avec l’aide de spécialistes et d’éducateurs qualifiés. Selon lui, sans une base éducative solide et des infrastructures adéquates, toute tentative de répression sera vaine et inefficace.

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