À l’occasion de la réception officielle organisée à la Résidence de France à La Marsa pour célébrer la Fête nationale française du 14 juillet, l’ambassadrice de France en Tunisie, Anne Guéguen, a mis en lumière la solidité des relations franco-tunisiennes, qui célèbrent cette année leur 70e anniversaire. Devant un parterre d’invités, dont le ministre des technologies de la communication Sofiene Hemissi, elle a dressé un bilan des performances de la coopération bilatérale, tout en réaffirmant les positions diplomatiques de la France sur plusieurs dossiers internationaux.
Prononçant son discours en français et en arabe, l’ambassadrice a souligné la vitalité des échanges économiques entre les deux pays. « La France est le premier partenaire économique de la Tunisie et nos échanges se portent bien », a-t-elle déclaré, précisant que les investissements français et le commerce bilatéral poursuivent leur progression.
Elle a notamment relevé que l’excédent commercial de la Tunisie vis-à-vis de la France a dépassé, l’an dernier, les 3 milliards d’euros, un montant supérieur aux recettes touristiques enregistrées sur la même période, estimées à 2,4 milliards d’euros.
Une coopération au service des citoyens
Anne Guéguen a insisté sur le caractère concret de la coopération franco-tunisienne, qui se traduit par des projets touchant directement le quotidien des citoyens dans les domaines de l’éducation, de la formation, de l’emploi, de la santé, de l’énergie et du développement régional.
Elle a rappelé que près de 20 000 élèves sont scolarisés dans les établissements du réseau de l’AEFE en Tunisie, tandis que plus de 16 000 étudiants tunisiens poursuivent leurs études en France. Elle a également évoqué le soutien apporté à la modernisation des Instituts supérieurs des études technologiques (ISET), ainsi que l’inauguration récente, en partenariat avec la Fondation Tunisie pour le Développement et l’Allemagne, des centres ELIFE de Sidi Bouzid et de Tozeur.
Sur le plan économique, l’ambassadrice a rappelé que les entreprises à participation française génèrent près de 170 000 emplois directs en Tunisie, tout en favorisant l’innovation et l’entrepreneuriat.
Elle a également mis en avant les projets consacrés à la préservation des ressources naturelles, notamment de l’eau, ainsi qu’au développement des énergies renouvelables afin d’accompagner la Tunisie dans le renforcement de sa souveraineté énergétique grâce à son important potentiel solaire et éolien.
Dans le domaine de la santé, Anne Guéguen a indiqué que l’Agence française de développement (AFD) finance la construction de deux nouveaux hôpitaux à Gafsa et à Sidi Bouzid. Elle a enfin salué le rôle de la société civile tunisienne, en particulier celui des femmes, qu’elle a qualifiées de « piliers essentiels du développement du pays », tout en rappelant la contribution de l’Institut français de Tunisie et d’Expertise France, qui a célébré récemment dix années d’activité en Tunisie.
Des liens humains au cœur du partenariat
L’ambassadrice a souligné que la relation franco-tunisienne repose avant tout sur la richesse des liens humains entre les deux peuples. Elle a rendu hommage aux centaines de milliers de Tunisiens et de Franco-Tunisiens vivant en France, estimant que leur biculturalité constitue « un pont exceptionnel entre les deux rives de la Méditerranée ».
Évoquant la jeunesse, elle a insisté sur la nécessité d’ouvrir davantage de perspectives à travers la mobilité, la formation et l’accompagnement des projets. À cet égard, elle a annoncé que plus de 116 000 visas ont été délivrés par la France en 2024, avec un taux de refus inférieur à 16 %.
« Notre responsabilité collective est de faire confiance à la jeunesse et de construire l’espoir », a-t-elle affirmé.
Un plaidoyer pour le droit international
Abordant les enjeux géopolitiques, Anne Guéguen a rappelé que la France demeure attachée au respect du droit international, à la paix et à la souveraineté des États.
« Nos destins sont liés », a-t-elle déclaré, évoquant les défis communs que sont le climat, l’énergie, la santé, la sécurité et les migrations, tout en appelant à préserver la Méditerranée comme espace de coopération et les Nations unies comme cadre de gouvernance internationale.
Elle a réaffirmé les positions françaises sur plusieurs crises internationales, rappelant la reconnaissance par la France de l’État de Palestine, son soutien au Liban ainsi qu’à l’Ukraine.
Saluant l’attachement de la Tunisie à la justice internationale, l’ambassadrice a estimé que le respect des droits du peuple palestinien constitue une exigence fondamentale. Elle a appelé à défendre le droit international, à lutter contre les dérives du nationalisme, du racisme et du protectionnisme, et à garantir partout le respect des droits de l’homme, des libertés fondamentales et de l’État de droit.
Une interdépendance assumée
En conclusion, Anne Guéguen a souligné que les profondes mutations géopolitiques imposent une coopération renforcée entre les nations.
« Nous sommes à la fois autonomes et profondément interdépendants », a-t-elle déclaré, estimant que le repli sur soi constitue une impasse face aux défis contemporains.
Abordant enfin la question migratoire, elle a plaidé pour une approche concertée et responsable. Selon elle, des migrations régulées, encadrées et accompagnées peuvent contribuer à répondre aux mutations démographiques et économiques que connaissent les sociétés du Nord comme du Sud.
« Nous pouvons et nous savons travailler ensemble, en tirant le meilleur parti de notre proximité », a conclu l’ambassadrice, réaffirmant la volonté de la France de poursuivre un partenariat stratégique, fondé sur la confiance, la solidarité et le développement partagé avec la Tunisie.
Nour El Houda Ben Mrad
