Pour la deuxième année consécutive, les journalistes tunisiens sont privés de leurs cartes professionnelles. En cause : le blocage inexpliqué de la publication du décret fixant la nouvelle composition de la commission indépendante chargée de délivrer la carte de journaliste professionnel.
Selon l’article 8 du décret-loi n°115 régissant le secteur de la presse en Tunisie, les membres de cette commission sont nommés par décret pour un mandat de quatre ans, non renouvelable. Le renouvellement de la commission s’effectue par moitié tous les deux ans.
Or, bien que le mandat de certains membres soit arrivé à terme, et alors que les syndicats et les corps de métiers représentés ont soumis, dès juin 2024, les noms de leurs nouveaux candidats, le décret fixant la nouvelle composition de la commission n’a toujours pas été publié au Journal officiel de la République tunisienne.
Une paralysie qui touche près de 2 000 journalistes
Cette situation a paralysé tout au long de l’année 2025, près de 2 000 journalistes professionnels, les empêchant d’exercer pleinement leur métier et les privant de nombreux avantages liés à la détention de la carte professionnelle.
Cette crise se prolonge désormais en 2026.
Pire encore, en ce début de nouvelle année, même les journalistes sportifs et les photographes se voient privés de leurs cartes d’accès aux stades, compromettant leur capacité à couvrir les événements sportifs.
La FTDJ appelle à une intervention urgente
Face à ce blocage prolongé et injustifié, la Fédération tunisienne des directeurs de journaux (FTDJ) a publié le communiqué suivant :
« La Fédération tunisienne des directeurs de journaux exprime sa profonde inquiétude face à la poursuite de la privation des journalistes tunisiens de l’obtention de leurs cartes professionnelles pour la deuxième année consécutive.
Elle appelle à la nécessité d’accélérer la publication du décret gouvernemental relatif au comblement des postes vacants au sein de la composition de l’Instance indépendante d’attribution de la carte nationale du journaliste professionnel, afin de lui permettre de reprendre ses activités et de délivrer les cartes aux journalistes.
La FTDJ rappelle que les propositions des syndicats concernés concernant les noms destinés à combler ces postes vacants existent depuis plus d’un an.
Elle souligne que la décision de prolonger la validité de la carte de l’année 2024 n’est pas renouvelable, conformément aux dispositions des paragraphes 2 et 3 du décret gouvernemental n°229 de l’année 2021, lesquels stipulent que la durée de validité de la carte est d’une année, débutant le 1er janvier et prenant fin le 31 décembre, et que la possibilité de prolonger sa validité par le président de la commission ne peut excéder une seule année.
Cela signifie que les cartes de l’année 2024 ne sont plus valides, ce qui entrave le travail des journalistes tunisiens et les prive de leurs droits les plus élémentaires à l’exercice de leur profession.
La FTDJ dénonce également la privation des journalistes et des photographes sportifs de leurs cartes professionnelles pour l’année 2026, ce qui les empêchera d’accéder aux stades et aux salles sportives pour accomplir leurs missions.
Elle exprime son étonnement face au fait que les médias n’aient pas reçu, jusqu’au mois de janvier, les dossiers de formulaires habituellement transmis dans le cadre des renouvellements de cartes ou des nouvelles candidatures, généralement envoyés au plus tard au mois d’octobre de chaque année, afin de permettre à la commission d’examiner les dossiers et d’attribuer les cartes avant le début de la nouvelle année.
La FTDJ rappelle que la commission chargée de l’attribution des cartes d’accès aux stades est indépendante de celle chargée de l’attribution de la carte de journaliste professionnel, qu’elle existe légalement et qu’aucun obstacle n’entrave la poursuite de ses activités, en dehors de ces complications administratives injustifiées.
Elle affirme enfin que l’absence de tout interlocuteur officiel chargé des dossiers du secteur des médias et contribuant à la résolution de ses problèmes constitue l’une des principales causes de l’accumulation de ces dysfonctionnements, qui aggravent la situation des journalistes dans l’exercice de leur travail, et appelle à accélérer leur résolution dans l’intérêt du secteur des médias en Tunisie. »

