Au Sénégal, le président Macky Sall a suscité l’incertitude en reportant indéfiniment l’élection présidentielle prévue pour le 25 février. La décision vise à éviter toute interférence dans une enquête parlementaire sur deux juges du Conseil constitutionnel. L’opposition crie au scandale, qualifiant la situation de « coup d’État institutionnel » et de menace contre la démocratie. Les réactions sont vives, et des observateurs s’inquiètent de cette crise politique sans précédent.
Macky Sall, au pouvoir depuis 2012, a annoncé le report lors d’une allocution télévisée juste avant l’ouverture officielle de la campagne électorale. Il a expliqué sa décision par le besoin de préserver l’intégrité de l’enquête parlementaire sur des allégations de corruption visant deux juges du Conseil constitutionnel. Ces accusations proviennent notamment de Karim Wade, exclu de la course présidentielle en raison de sa double nationalité franco-sénégalaise.
Le président a souligné les « conditions troubles » et le risque de contestation des résultats comme justifications du report. Cependant, cette décision unilatérale et brusque suscite des inquiétudes quant à la stabilité politique du pays. Des heurts ont éclaté à Dakar en réaction au report, avec des manifestants protestant contre la décision. Plusieurs opposants, dont l’ex-Première ministre Aminata Touré, ont été arrêtés. Le fondateur du think tank Afrikajom, Alioune Tine, considère cette situation comme une « rupture institutionnelle grave » sans précédent depuis l’indépendance du Sénégal. Des interrogations subsistent quant à la nouvelle date de l’élection présidentielle, laissant le pays dans une incertitude politique.

