Au dénouement d’un long parcours pour le collège-lycée privé musulman de Lille. L’établissement est en proie à une paralysie persistante causée par la suppression de ses subventions, décidée par la Région des Hauts-de-France, sous la direction de l’ancien ministre et ex-leader des Républicains – la droite – Xavier Bertrand. Le Tribunal administratif de Lille a tranché en faveur du collège-lycée Averroès et a enjoint à la Région Hauts-de-France de débloquer sans délai les subventions. C’est pressant, car l’établissement risque tout simplement la cessation de paiements, d’après plusieurs médias français…
Bertrand a gelé les financements sous prétexte de présomptions de subventions en provenance du Qatar, comme si l’émirat était une entité inconnue en France. Rappelons, à titre d’exemple, que c’est l’argent qatari qui a acquis le club de la capitale, le Paris Saint-Germain.
Selon Actu.fr, l’association Averroès, qui gère le collège-lycée musulman, avait déjà contraint la région à lui verser 275 000 euros, suite à des litiges concernant la même affaire. À l’été 2023, le président de la région fouillait pour « découvrir les éventuelles contreparties de son financement par l’ONG Qatar Charity, alors qu’il ne lui revient pas d’effectuer un tel contrôle »…
Bertrand traque cet établissement depuis un certain nombre d’années. Le Tribunal administratif de Lille rappelle dans son jugement qu’en octobre 2019, l’ancien ministre avait annoncé avoir pris la décision de bloquer les fonds du lycée. Donc, malgré la décision de justice de l’été dernier, la région a persisté à geler l’argent du collège-lycée. L’association a de nouveau saisi la justice le 1er octobre dernier.
Les responsables de l’établissement soulignent que sur le plan juridique, le blocage des subventions « porte atteinte à la liberté d’association en empêchant la poursuite des activités d’enseignement » et porte « atteinte au droit à l’éducation » de centaines d’élèves….
Et si le président de la région n’obtempère pas, il sera frappé d’une amende de 500 euros par jour de retard, en plus des 2000 euros de frais de justice qu’il devra verser à l’association. Mais ce n’est pas le seul souci du lycée Averroès, la préfecture du Nord menace également de rompre le contrat qui les lie. Donc clairement, Bertrand n’a pas dit son dernier mot. Qui sait ce qu’il est capable de manigancer avec le Préfet.

