Le sucre est un produit de première nécessité pour les Tunisiens et l’industrie agroalimentaire. Actuellement, une pénurie persiste sur le marché depuis plusieurs mois, et les autorités tentent de sauver l’industrie sucrière.
Le marché tunisien, nécessitant environ 360 mille tonnes de sucre par an, est confronté à un manque important pour deux raisons majeures : les prix élevés sur le marché mondial et l’incapacité des usines locales à répondre aux besoins des consommateurs.
La production locale s’appuie sur trois usines, dont une publique et deux privées. Cependant, l’usine publique, existante depuis 1960, rencontre des problèmes, notamment l’obsolescence des équipements, réduisant sa capacité de production à 300 tonnes par jour cette année.
Pour pallier la demande non satisfaite, les autorités ont recours à des importations d’Algérie et d’Égypte. Suite à la visite du Chef de l’État Kaïs Saïed à l’usine de la Société Tunisienne du Sucre à Béja le 5 décembre, des mesures urgentes pour sauver l’entreprise ont été annoncées.
Le sauvetage nécessite des fonds importants pour rénover l’usine, les dernières grandes opérations de maintenance datant de 1993. Les investissements permettraient d’augmenter les capacités d’exploitation, réduisant ainsi les coûts d’importation.
L’industrie sucrière, reposant sur la production de betterave à sucre, génère des milliers d’emplois. Son déclin affecte la situation sociale, particulièrement dans les régions abritant les unités de production.
La baisse du potentiel de l’industrie sucrière a entraîné une hausse des importations, avec une augmentation de 48% en quantité et 67% en valeur au cours des dix premiers mois de l’année.
Les Tunisiens sont de grands consommateurs de sucre, avec une consommation moyenne de 15 kilogrammes par an et par personne, dépassant la moyenne mondiale. La subvention du sucre destiné à la consommation des ménages est maintenue, mais les prix ont augmenté pour les industriels

