Pourquoi l’OIT réclame-t-il 10 000 dinars aux établissements privés de formation d’ingénieurs ?

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La question de l’accréditation des établissements privés de formation d’ingénieurs en Tunisie suscite une vive controverse. À l’origine de la polémique, l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT) a publié une première liste de onze établissements qu’il considère conformes à ses critères d’accréditation. Il a parallèlement annoncé l’examen des dossiers des autres établissements moyennant des frais de 10 000 dinars, une décision qui soulève des interrogations sur son fondement juridique et sur l’étendue des prérogatives de l’Ordre.

Le débat a pris une nouvelle dimension lorsque le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a rappelé que l’autorisation, l’évaluation et la reconnaissance des établissements privés d’enseignement supérieur, ainsi que de leurs diplômes, relèvent de ses attributions, conformément à la législation en vigueur. Le ministère considère ainsi que l’évaluation des établissements privés ne figure pas parmi les missions confiées à l’Ordre des ingénieurs.

La Chambre syndicale des établissements privés d’enseignement supérieur, relevant de l’UTICA, est également intervenue dans le débat. Dans un communiqué, elle a dénoncé une initiative susceptible, selon elle, de créer la confusion auprès des étudiants, des familles et des employeurs. Elle a également rappelé que la reconnaissance des diplômes relève de l’État, à travers le ministère de l’Enseignement supérieur.

Les détracteurs de l’initiative estiment que l’Ordre risque ainsi de dépasser son rôle, qui consiste notamment à représenter la profession d’ingénieur et à défendre ses intérêts, en intervenant dans un domaine relevant des autorités publiques. Ils s’interrogent en particulier sur la base juridique de la demande de 10 000 dinars pour l’examen des dossiers, ainsi que sur les conséquences de la publication de listes d’établissements considérés comme conformes ou non aux critères de l’Ordre.

Cette démarche pourrait en effet avoir des répercussions sur l’image des établissements concernés, mais aussi susciter des inquiétudes quant à l’avenir des étudiants inscrits dans les institutions qui ne figureraient pas sur ces listes.

De son côté, l’Ordre des ingénieurs défend son initiative, affirmant qu’elle vise à promouvoir la qualité de la formation d’ingénieur en Tunisie et à encourager les établissements à se conformer aux standards internationaux.

Au-delà de la question des 10 000 dinars, cette controverse pose donc une question plus large : où s’arrête le rôle de l’Ordre des ingénieurs et où commence celui du ministère de l’enseignement supérieur en matière d’évaluation et de reconnaissance des établissements privés de formation d’ingénieurs ?

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