Le paysage sportif connaît aujourd’hui des dérives préoccupantes qui ne peuvent laisser les observateurs indifférents. L’influence croissante d’argent d’origine douteuse dans l’environnement du sport, particulièrement sur les réseaux sociaux et même au sein de certains pseudo-médias contribue progressivement à la dégradation du jugement du public et menace même le climat de sérénité ainsi que la paix sociale que le sport est censé promouvoir.
Dans de nombreux plateaux sportifs, le débat de fond et l’analyse objective ont, depuis longtemps, cédé la place à la polémique, à la surenchère et aux règlements de comptes. L’absence ou l’insuffisance de contrôle de la part des instances compétentes favorise l’émergence de pratiques qui nuisent à la crédibilité de l’information sportive et à la qualité du débat public.
Le recours à certains anciens joueurs, dirigeants ou responsables sportifs comme consultants et analystes soulève également des interrogations lorsque leur participation n’est pas encadrée par les principes d’impartialité et de neutralité. Dans plusieurs cas, ces intervenants semblent encore fortement liés à leurs clubs d’origine et défendent des positions dictées davantage par des intérêts particuliers que par la recherche de l’intérêt général.
Cette confusion des rôles devient encore plus préoccupante lorsque certains chroniqueurs affichent ostensiblement leur appartenance à travers leurs discours haineux ou parfois même en portant des tenues aux couleurs de leurs équipes respectives. Dès lors, les plateaux se sont transformés en tribunes partisanes où l’objectivité s’efface au profit d’agendas personnels.
Les conséquences sont loin d’être anodines. Ces pratiques participent à la dégradation du paysage sportif, alimentent les tensions entre supporters et favorisent un climat de méfiance et de division. Parfois sans mesurer la portée de leurs propos, certains intervenants contribuent à attiser les rivalités et à encourager des comportements hostiles à l’égard des associations et clubs sportifs concurrents.
Face à cette situation, les véritables médias et les responsables de ce secteur ont la responsabilité historique de promouvoir une culture du professionnalisme, du respect et de l’éthique. Les autorités de régulation et les syndicats de la profession, quant à elles, doivent veiller au respect des règles déontologiques et sanctionner toute forme d’incitation à la haine, à la division ou à la manipulation de l’opinion publique.
Le sport doit demeurer un espace de rassemblement, de respect mutuel et de compétition loyale. Préserver ces valeurs exige aujourd’hui une vigilance accrue afin d’empêcher que des intérêts financiers ou particuliers ne prennent le dessus sur l’intérêt collectif et sur la mission éducative et sociale que porte le sport.
Taher Ben Mouhamed Zrelli
