16.6 C
Tunisie

Tunisie-France : un partenariat renforcé pour 2026

Published:

Lors d’une réception organisée à la Résidence de France à La Marsa en l’honneur des journalistes tunisiens, l’ambassadrice de France en Tunisie, Mme Anne Guéguen, a adressé ses vœux à la presse à l’occasion de la nouvelle année 2026.

Au début de son allocution, l’ambassadrice a réitéré ses condoléances aux familles des victimes des dernières inondations qui ont frappé la Tunisie, tout en soulignant l’importance du rôle et du courage des journalistes dans un contexte mondial de plus en plus difficile.

Dans un discours à forte portée géopolitique,l’ambassadrice de France en Tunisie, a exposé la vision de son pays face à ce qu’elle a qualifié de « brutalisation des relations internationales » et de remise en cause profonde de l’ordre mondial.

Évoquant un monde marqué à la fois par les crises climatiques, les conflits armés et la guerre informationnelle, la diplomate a souligné le rôle central des médias libres et de l’information fiable comme rempart contre la désinformation et l’arbitraire. Elle a rendu hommage aux journalistes qui, au péril de leur vie, continuent d’informer, rappelant que 67 d’entre eux ont été tués en 2025 dans l’exercice de leur métier.

Sur le fond, Mme Guéguen a insisté sur le refus par la France de céder à deux écueils : l’acceptation passive de la loi du plus fort et la posture morale sans capacité d’action. « Face à la brutalisation du monde, la réponse de la France est de défendre davantage de souveraineté, d’autonomie européenne et un multilatéralisme efficace », a-t-elle rappelé, reprenant les orientations exprimées récemment par le président Emmanuel Macron.

Cette vision se traduit, selon elle, par des engagements concrets sur plusieurs fronts : au Proche-Orient, avec la reconnaissance de l’État de Palestine et les efforts diplomatiques en faveur d’un cessez-le-feu et d’un plan de paix ; en Ukraine, avec la mobilisation d’une coalition de démocraties face à l’agression russe ; aux Nations unies, à travers l’entrée en vigueur du traité sur la protection de la haute mer ; et dans le domaine numérique, avec l’initiative française en faveur d’une gouvernance éthique de l’intelligence artificielle.

L’ambassadrice a également dénoncé le retour de logiques impériales et affirmé le rejet par la France de toute forme de néocolonialisme, tout en défendant des partenariats équilibrés et respectueux de la souveraineté des États.

La diplomate a  par la suite dressé un bilan dense et chiffré des relations tuniso-françaises, mettant en lumière la solidité d’un partenariat qu’elle a qualifié de « fiable et mutuellement bénéfique ».

Dans un contexte international marqué par les crises et les tensions, la diplomate française a souligné que l’année 2025 a illustré la robustesse de l’engagement français en Tunisie, tant sur les plans politique, économique que culturel. Elle a insisté sur la volonté de Paris de maintenir un dialogue de haut niveau avec Tunis et de renforcer la coopération opérationnelle, notamment dans les domaines de la sécurité et de la défense.

Sur le plan économique, Mme Guéguen a rappelé que les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint près de 40 milliards de dinars en 2025, avec un excédent en faveur de la Tunisie. La France demeure ainsi le premier partenaire commercial et le premier client du pays. L’investissement français en Tunisie poursuit également sa progression, frôlant le milliard de dinars et générant près de 2 900 emplois, selon les chiffres de la FIPA. En retour, la Tunisie confirme son statut de premier investisseur africain en France en nombre de projets.

La mobilité humaine a également été abordée, notamment la question sensible des visas. L’ambassadrice a reconnu les frustrations existantes, tout en soulignant une amélioration notable des indicateurs, avec plus de 116 000 visas délivrés en 2025 et un taux de refus en nette baisse. La mobilité étudiante connaît elle aussi une dynamique positive, avec près de 15 000 étudiants tunisiens actuellement inscrits dans l’enseignement supérieur français.

La coopération culturelle et scientifique n’a pas été en reste. Expositions majeures, partenariats de recherche et projets de développement portés par l’Agence française de développement illustrent, selon Mme Guéguen, un engagement concret au service du développement durable et de l’amélioration du quotidien des Tunisiens, notamment dans les secteurs de l’eau, des transports et des énergies renouvelables.

En conclusion, l’ambassadrice a réaffirmé sa volonté de consolider un partenariat d’égal à égal, fondé sur la confiance, la transparence et le respect mutuel, annonçant à ce titre la visite prochaine en Tunisie de la ministre déléguée française chargée de la Francophonie et des Partenariats internationaux.

Actualités.