Reprise des croisières à partir de Tunis et ouverture de nouveaux horizons

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Après plusieurs années marquées par des difficultés, les ports tunisiens retrouvent progressivement l’effervescence des paquebots de croisière. Cette reprise dépasse le simple retour à l’activité : elle s’affirme comme un moteur de relance économique et touristique, tout en repositionnant la Tunisie sur la scène méditerranéenne.

En 2025, le pays a accueilli plus de 350 000 croisiéristes. La tendance se confirme en 2026, avec environ 210 000 visiteurs dès les premiers mois. Ces escales, bien que brèves, génèrent une activité importante pour de nombreux secteurs : restauration, transport, excursions et commerce local profitent directement de cet afflux, contribuant à l’entrée de devises dans l’économie nationale.

L’impact ne se limite pas aux chiffres. Dans les médinas, les souks et les sites historiques, ces visiteurs participent à la mise en valeur du patrimoine tunisien. Une large majorité d’entre eux s’oriente vers des activités culturelles ou l’achat de produits artisanaux, offrant ainsi une visibilité internationale aux créations locales. Tapis, poteries et objets d’art séduisent une nouvelle clientèle, soutenant la préservation de savoir-faire traditionnels.

Cette dynamique se traduit également par une relance de l’emploi dans plusieurs métiers liés au tourisme : guides, restaurateurs, chauffeurs, personnels portuaires ou encore artisans retrouvent une activité soutenue.  

Dans un contexte de sortie de crise, la reprise des croisières agit ainsi comme un accélérateur pour l’ensemble de l’écosystème touristique.

Parallèlement, les infrastructures portuaires font l’objet d’améliorations progressives. Des ports comme La Goulette et Sousse se modernisent pour répondre aux standards des grandes compagnies, renforçant l’attractivité du pays. Chaque escale devient alors une opportunité économique majeure, capable de dynamiser toute une région en quelques heures.

Une évolution notable se dessine également : la Tunisie commence à se positionner comme port de départ. Des initiatives telles que celles d’Orange Cruises témoignent de cette ambition. En proposant des départs réguliers depuis La Goulette, ces offres deviennent plus accessibles aux Tunisiens, supprimant les contraintes liées aux voyages aériens et réduisant les coûts. Ce modèle séduit un public varié et contribue à démocratiser l’expérience des croisières.

Ce positionnement ouvre aussi des perspectives régionales intéressantes. La proximité avec l’Algérie et la Libye constitue un avantage pour attirer une clientèle voisine et faire de Tunis une plateforme compétitive face aux ports européens. Toutefois, certaines mesures restent nécessaires, notamment pour faciliter les paiements en devises.

À plus grande échelle, la Tunisie pourrait également séduire les marchés nord-américains en proposant des offres combinant tourisme culturel et croisières en Méditerranée.

Ainsi, le retour des croisières marque bien plus qu’une reprise : il reflète une transformation stratégique. La Tunisie ne se contente plus d’accueillir des visiteurs, elle aspire désormais à devenir un véritable hub régional et international.

Des défis subsistent néanmoins. L’amélioration des services et des infrastructures doit se poursuivre, tout comme l’assouplissement de certaines contraintes pratiques. Par exemple, adapter certaines règles dans le village touristique du port de La Goulette, notamment concernant la consommation d’alcool, pourrait mieux répondre aux attentes d’une clientèle internationale.

De même, ouvrir la médina touristique du port aux résidents étrangers en Tunisie, même en dehors des jours d’escale, permettrait de dynamiser durablement les commerces et restaurants tout en générant davantage de recettes en devises.

En définitive, en renouant avec les croisières — et en développant des départs depuis La Goulette — la Tunisie ne se contente pas de relancer son tourisme : elle trace les contours d’un nouveau modèle de développement.

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